Les élèves ambassadeurs sont, sans aucun doute, les plus à même de partager leur expérience sur le terrain, en tant que « gardiens » de cette aire qu’ils ont choisi de protéger.
Entre espoir et réalité, SOAVINDRAZA Fanampinay Pascaline, 13 ans, en classe de 5ème et élève ambassadrice de la phase 1 de l’aire marine éducative d’Ankalika, vous livre son vécu depuis qu’elle a intégré le dispositif Aire Marine Educative en 2024.
1. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans l’AME ?
Ce qui m’a le plus marquée dans l’aire marine éducative, c’est la découverte du musée ethnographique Cedratom. Depuis que je suis à l’école des Salines, nous n’avions jamais eu l’occasion de le visiter ; c’est grâce au projet Aquamarine que j’ai pu y aller. J’aime aussi énormément les sorties pédagogiques et les moments où nous plantons des palétuviers sur la plage, au sein de notre zone de l’aire marine éducative.
2. Qu’as-tu appris sur la mer ou sur le littoral ?
Depuis que j’ai rejoint le projet Aquamarine, j’ai beaucoup appris en biologie marine. Je comprends désormais que chaque espèce marine joue un rôle essentiel. Par exemple, les récifs coralliens servent de barrière naturelle en brisant les grosses vagues avant qu’elles n’atteignent la côte. Concernant le littoral, j’ai appris que la mangrove est indispensable pour protéger le sol contre l’érosion marine.
3. Est-ce que l’aire marine éducative a changé quelque chose pour toi, dans ta vie de tous les jours ?
Oui, beaucoup de choses ont changé. Avant, je jetais mes déchets n’importe où dans la rue. Il m’arrivait même, sous le coup de l’énervement, de m’en prendre aux animaux que je croisais, mais j’ai totalement arrêté ces comportements. Je me sens très heureuse d’avoir découvert autant de choses grâce à ce projet. Cela a aussi eu un impact sur ma famille, et surtout sur ma mère : elle ne connaissait pas bien le milieu marin, mais aujourd’hui, elle a compris l’importance de protéger le littoral.
4. Qu’est-ce que tu aimerais faire de plus dans l’aire marine éducative d’Ankalika ?
J’aimerais que nous utilisions notre temps libre pour organiser des nettoyages de plage. Je souhaiterais aussi installer un panneau d’affichage dans notre zone de l’aire marine éducative pour inciter les gens à garder les lieux propres. Le message que je voudrais y inscrire est le suivant :
« Azafady tsy azo ananaova raha maloto eto satria fa natoka hianara hatao mikasika dranomasina toy noho hiarova azy le tsy tokony hasia raha maloto ».*
*« S’il vous plaît, ne salissez pas cette zone, car elle est dédiée à l’apprentissage et à la protection de la mer. »
5. Parmi nos activités, lesquelles trouves-tu importantes et pourquoi ?
Je trouve les cours de français essentiels. J’ai remarqué que lors de notre voyage à La Réunion, nous avions toujours besoin d’un traducteur pour échanger avec nos amis. Aujourd’hui, grâce aux cours, nous pouvons enfin discuter directement avec eux. La biologie marine est également fondamentale, car elle nous permet de comprendre le fonctionnement de la mer pour mieux la défendre.
6. Qu’est-ce que tu aimerais partager, de ce que tu as appris, avec tes camarades ?
Je tiens à partager mes connaissances sur les droits de l’enfant et les droits de l’environnement. Trop souvent, ces droits sont ignorés ou bafoués. Il est donc primordial pour moi de sensibiliser mon entourage afin que ces principes soient enfin respectés par tous.
7. Avec les connaissances que tu as acquises dans ce projet, quelle action as-tu entrepris
dans ta communauté ?
J’explique aux gens de mon quartier qu’il ne faut plus jeter les déchets n’importe où. Je leur conseille de creuser des fosses pour regrouper les ordures et de les brûler une fois le trou rempli afin d’éviter de polluer tout l’environnement. J’encourage aussi tout le monde à s’impliquer dans le nettoyage global du quartier.
8. Quelles difficultés as-tu rencontré dans cette sensibilisation ?
Ce n’est pas toujours facile, surtout avec les adultes. Parfois, ils ne nous écoutent pas et nous parlent mal ; ils disent que nous ne sommes que des enfants et que nous nous prenons pour des « intellectuels » qui se croient supérieurs à eux. Même à l’école, certains camarades pensent que je les prends de haut quand je partage ce que j’apprends avec Aquamarine. Heureusement, les membres de ma famille ont été plus réceptifs et m’ont écoutée.
Entretien réalisé en collaboration avec l’équipe Elite 3A

