Les parents des élèves ambassadeurs de l’aire marine éducative d’Ankalika ont un rôle majeur dans la motivation et l’accompagnement de leurs enfants, mais aussi dans la sensibilisation auprès de la communauté.
Découvrez aujourd’hui les témoignages de Mme RAHARINIRINA Laurence et de Mme Jen Dar Toty, qui sont la mère et la grand-mère maternelle de Johny Claudio René, qui a intégré la phase 1 du dispositif en 2024 et a participé à l’échange d’expériences à La Réunion avec ses camarades.
1. Qu’avez-vous remarqué chez votre enfant depuis qu’elle participe à l’aire marine éducative ?
J’ai observé de nombreux changements. Il a énormément appris grâce au projet Aquamarine, particulièrement en ce qui concerne l’environnement et le milieu marin.
2. Qu’est-ce que votre enfant vous raconte le plus souvent sur la mer ou sur les activités ?
Il nous parle beaucoup de la mer et de l’écosystème marin, comme par exemple lorsqu’ils ont planté des palétuviers. Il évoque tout ce qui vit dans l’océan.
Sa grand-mère précise qu’il insiste beaucoup sur la pollution : il nous explique qu’il ne faut pas jeter de bouteilles ou de déchets plastiques à l’eau, car cela tue les espèces marines. Parfois, il ajoute aussi qu’il ne faut pas capturer les tortues marines si elles sont encore petites, mais qu’il faut les laisser grandir en liberté.
3. Avez-vous observé des changements dans ses habitudes, son comportement ou ses idées ?
Oui, il y a eu une réelle évolution depuis qu’il a intégré le projet Aquamarine. Il a acquis beaucoup de connaissances, il est devenu plus ouvert d’esprit et il comprend très bien les enjeux que vous lui enseignez.
4. Que pensez-vous de ce projet ? Est-ce important pour les enfants et pour le village ?
Absolument ! C’est un projet très important pour les enfants et il est essentiel qu’il se poursuive jusqu’au bout. Même en tant que parents, nous en ressentons le besoin, bien que ce soit un projet dédié à l’éducation des plus jeunes. Quoi qu’il en soit, même s’il est encore un enfant, il nous transmet des savoirs et nous apprécions énormément cette démarche.
Sa grand-mère ajoute que c’est d’autant plus important que le projet contribue directement à la survie d’espèces locales comme le crabe et la crevette.
5. Que pensez-vous de l’action que les enfants mènent à l’école ou dans l’aire marine éducative ?
Je trouve que depuis deux ans, le projet a beaucoup évolué grâce aux actions des enfants et à la qualité de leur apprentissage. Il est nécessaire qu’ils multiplient ces initiatives, car ils découvrent des choses passionnantes. Pour moi, cela a une grande importance car nous apprenons en même temps qu’eux. En écoutant mon enfant nous raconter ses activités ou en participant aux réunions avec le référent scientifique, j’en tire moi-même de nombreuses leçons. Cela permet aux enfants de développer leur esprit ; ils n’avaient jamais eu accès à un tel projet auparavant, et cela leur permet d’approfondir leurs connaissances sur l’environnement marin.
6. Que pensez-vous du rôle joué par les enfants dans ce projet ?
Il est excellent de responsabiliser les enfants dès leur plus jeune âge sur les questions environnementales. Ils vont grandir avec ces valeurs et pourront, à leur tour, les transmettre. Ce rôle est crucial à mes yeux : si j’avais appris tout cela étant petite, j’aurais acquis l’habitude de partager ces bonnes pratiques une fois adulte. Pourtant, aujourd’hui, ce sont souvent les enfants qui nous éduquent et nous font comprendre des choses essentielles, même si elles semblent parfois simples. Ce sera à eux d’enseigner ces principes aux générations futures.
7. En quoi ce projet peut-il aider votre village ou votre communauté ?
Il va grandement aider au développement du village car les actions menées sont en lien direct avec la mer, notre ressource principale. On doit enseigner à la communauté, y compris aux pêcheurs, les pratiques à éviter, comme la pêche des juvéniles (les petits poissons). Nous devons leur faire comprendre l’importance de les laisser grandir. Bien sûr, les gens pêchent parfois par nécessité pour se nourrir, d’où l’importance de sensibiliser la communauté pour qu’elle puisse adhérer à des règles communes, comme le respect du calendrier de pêche.
8. Quel est votre plus grand souhait pour l’avenir de votre enfant et de la mer ?
Pour mon fils, je souhaite avant tout qu’il continue d’apprendre. Il a des objectifs à atteindre et je souhaite qu’il devienne un homme instruit. Que tout ce qu’il apprend aujourd’hui soit un bagage solide qui le tire vers le haut. En tant que parents, nous le soutiendrons pour qu’il atteigne ses rêves.
Pour la mer, mon souhait est que l’on arrête d’y jeter nos ordures et de faire nos besoins sur la plage. Sa grand-mère insiste sur la nécessité de maintenir la plage propre : elle précise que désormais, lorsqu’elle voit des déchets sur le sable, elle les ramasse systématiquement pour les jeter dans un endroit prévu à cet effet, afin de protéger les ressources de la mer.
Autre commentaire de la mère de Johny :
Je souhaite que le projet s’agrandisse et, si possible, qu’il continue de nous inclure, nous les parents, pour nous enseigner davantage sur les actions d’Aquamarine.
Entretien réalisé en collaboration avec Elite 3A

