- En préambule à notre entretien, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Véronique Léandre et je suis professeur des écoles depuis 1997, après avoir fait ma formation à l’IUFM. Cela fait 26 ans que je travaille dans l’École Élémentaire Publique de Saint-Leu Centre. Comme j’ai été nommée dans cette école sur un poste fléché « allemand », j’ai toujours travaillé dans des classes de CM1 / CM2 pour enseigner (à l’époque) l’allemand aux élèves de cycle 3 et cela fait maintenant plusieurs années que j’enseigne en classe de CM2. J’ai toujours travaillé en pédagogie de projet. Amener les élèves à s’impliquer dans leurs apprentissages est pour moi essentiel pour favoriser leur engagement, leur coopération et le vivre ensemble. C’est pour cette raison que dès mes débuts, j’ai toujours tout mis en œuvre pour que mes élèves organisent des « évènements », par exemple dans le cadre de l’USEP des rencontres sportives inter écoles, inter cycle… Ou encore dans le cadre de l’étude des langues étrangères, j’organisais avec mes élèves, durant la semaine des langues, des matinées d’ateliers de jeux en allemand pour tous les élèves de l’école.
- Pour commencer, pourriez-vous retracer brièvement l’historique de l’AME de Saint-Leu depuis sa création jusqu’à aujourd’hui ?
Concernant le projet d’Aire Marine Éducative, c’est depuis 2016 que mes élèves de CM2 sont gestionnaires d’une petite zone maritime du littoral. Après avoir évalué l’état de santé de leur AME avec des scientifiques, ils essaient d’apporter des solutions aux problèmes rencontrés (en lien avec les déchets ou l’érosion de la plage…). Ils en parlent aux élus, aux différents partenaires lors de conseils de la mer des enfants puis mettent en place des actions concrètes sur le site pour y remédier. Trois axes sont développés dans le projet AME : vivre, connaître et transmettre la mer. En effet, après avoir travaillé sur leur site, après avoir rencontré des scientifiques qui leur apportent des connaissances, ils transmettent leur projet à d’autres élèves, aux élus de la commune, aux parents d’élèves et à différentes personnalités invitées afin de les amener à découvrir le projet.
- L’AME de Saint-Leu est une réussite, reconduite avec succès chaque année depuis 2016. En tant que responsable de cette AME, quelle est, selon vous, la clé de la pérennité de ce dispositif ?
La pérennité de l’AME de Saint-Leu repose sur un triptyque solide : l’engagement des élèves, la continuité pédagogique d’une année sur l’autre et un réseau de partenaires locaux fidèles. Ces trois piliers permettent au dispositif de se transmettre d’année en année, tout en gardant son sens et son efficacité.
- L’AME de St Leu a accueilli maintenant plusieurs centaines d’élèves. Quels liens parvenez-vous à maintenir entre ces différentes « générations AME de St Leu » ?
Depuis 2016, dix promotions de CM2 se sont succédées sur la plage du centre de Saint-Leu, chacune reprenant le flambeau laissé par la précédente. Cette transmission crée une mémoire collective : les élèves savent qu’ils s’inscrivent dans une histoire, qu’ils poursuivent un travail commencé avant eux et qu’ils laissent une trace pour ceux qui viendront après. C’est un moteur puissant d’engagement. La continuité pédagogique est un facteur déterminant. À Saint-Leu, l’AME est portée par une équipe qui maintient le projet chaque année, structure les actions, transmet les savoirs et les méthodes et donne du sens aux activités menées sur le terrain.
Cette stabilité permet au dispositif de ne pas dépendre d’une seule personne, mais repose sur un réseau solide : l’Académie de La Réunion, la Réserve Naturelle Marine de La Réunion et la Ville de Saint-Leu.
- Comment assurez-vous le lien entre les activités « hors-les-murs » et les apprentissages en classe pour donner du sens aux programmes scolaires ?
Le lien entre activité « hors les murs » et apprentissage en classe, se construit avant, pendant et après la sortie, grâce à une attention pédagogique explicite. L’activité devient levier d’apprentissage quand elle est préparée en amont :
- Avant la sortie, il faut préparer le terrain pour donner du sens :
– Clarifier les objectifs d’apprentissage en identifiant les compétences du programme visées, en formulant une problématique ou une question que les élèves devront explorer sur le terrain.
– Donner des repères en présentant le lieu, son intérêt, son histoire, ses enjeux, en introduisant le vocabulaire des outils d’observation et les protocoles.
– Préparer les outils d’enquête en travaillant sur des fiches d’observation, des carnets de terrain, des cartes, des relevés en répartissant les rôles : des observateurs, des enquêteurs, etc. L’objectif est que les élèves sachent pourquoi ils sortent, ce qu’ils vont chercher, et comment cela s’inscrit dans leurs apprentissages.
- Pendant la sortie, les élèves vont vivre une expérience d’apprentissage active :
– Observer, manipuler et questionner en relevant des indices, en mesurant, en comparant, en décrivant et en interagissant avec des experts scientifiques
– Collecter des données, en réalisant des croquis, en prenant des mesures, en relevant des témoignages et en élaborant des traces écrites, des données qui seront réinvesties en classe
– Coopérer en travaillant en petit groupe, en s’entraînant, en développant des compétences sociales et citoyennes. L’objectif ici est que l’expérience nourrisse la compréhension, crée de l’émotion, de la motivation et des traces exploitables.
- Après la sortie, c’est l’étape clé pour donner du sens au programme en transformant l’expérience en savoirs scolaires :
– Structurer, formaliser en triant les données collectées, en mettant en commun, en analysant, et en comparant les données avec celles des années précédentes, en construisant des cartes mentales, des schémas et des tableaux
– Faire le lien avec les notions du programme en sciences (écosystèmes, étude de la biodiversité, cycle de vie, impacts humains…), en géographie (aménagement du territoire, risques naturels…), en EMC (responsabilité, engagement, citoyenneté …), en français (écrire pour raconter, expliquer, argumenter, informer, rédiger des courriers …)
– Produire et communiquer en réalisant des affiches, des exposés, des panneaux ou des écrits scientifiques, en menant des actions écocitoyennes (sensibilisations, plantations, expositions…). L’objectif est que l’expérience devienne un savoir structuré, transférable et durable.
- Dans le cadre de l’échange d’expérience, vous avez été au cœur d’un projet visant un transfert dans un contexte socio-culturel très différent, à Toliara. Au-delà de la joie de l’accueil, qu’est-ce que cet échange a changé dans votre pratique d’enseignante ?
Pour moi, l’école ne se limite pas à ses murs. En mettant mes élèves en relation avec d’autres enfants vivant dans un contexte différent, j’ai ancré mes apprentissages dans le réel, le vécu et l’humain. Je ne suis plus seulement celle qui apporte des savoirs, mais aussi celle qui met en relation, qui facilite et qui accompagne.
Grâce à cet échange, j’ai pu continuer à développer une pédagogie du dialogue, une écoute plus fine des représentations des élèves, une place plus grande donnée à la parole, aux questions et aux comparaisons. Les élèves deviennent alors acteurs et moi, médiatrice. Cet échange a enrichi ma pratique en m’amenant à intégrer davantage la pluralité des points de vue, la relativité des modes de vie et la richesse des cultures et des environnements. Cela m’a amené à valoriser les différences comme des ressources pédagogiques et non comme des obstacles et cela a renforcé une éducation à la citoyenneté mondiale, à la tolérance et à l’ouverture.
- Les élèves de Toliara ont rencontré pendant l’échange d’expériences le Maire de Saint Leu, Bruno Domen. Dans le modèle AME, à votre avis quelle est l’importance de l’engagement des élus locaux et des institutions comme le Rectorat de La Réunion, qui appuient fortement l’échange d’expériences, pour garantir la pérennisation de l’action éducative ?
Dans le projet d’Aire Marine Éducative, la pérennité ne repose pas uniquement sur la motivation des enseignants et des élèves. Elle dépend aussi de la capacité du territoire et de l’institution scolaire à soutenir, reconnaître et structurer l’action. C’est là que les locaux et le Rectorat de la Réunion jouent un rôle déterminant.
L’engagement des élus municipaux est essentiel car ils assurent un soutien politique clair : ils reconnaissent l’AME, comme un projet d’intérêt public, lié à la protection du littoral, à l’éducation citoyenne et au développement durable. Cette reconnaissance donne du poids au projet. C’est également un appui logistique et opérationnel, car la mairie facilite l’accès au site, la sécurisation des zones, la mise à disposition de matériel, la coordination avec le service technique, la participation aux actions de terrain (plantations, nettoyages…) et la valorisation des actions mises en place par les élèves. Sans ce soutien, les actions concrètes seraient beaucoup plus difficiles à mener.
Les élus garantissent également que l’AME s’inscrive dans une stratégie locale durable au-delà des changements de promotion d’élèves. Ils contribuent à faire de l’AME un projet de territoire, pas seulement un projet d’école. Le Rectorat de la Réunion joue un rôle structurant dans la pérennité du dispositif en inscrivant l’AME, dans les priorités académiques (EDD, citoyenneté…) Le rectorat légitime le projet, sécurise son existence et encourage les équipes à s’engager. Il garantit aussi la formation des nouveaux enseignants, la transmission des pratiques, la cohérence entre les écoles engagées, et la stabilité du positif dans le temps tout en soutenant la mise en réseau des écoles, l’accompagnement par les conseillers pédagogiques, la valorisation des projets, et la diffusion des ressources. Il donne à l’AME une dimension éducative solide, alignée avec les programmes.
- Dans le cadre de l’objectif d’interaction entre chercheurs et élèves, vous approfondissez avec vos élèves en classe les diaporamas des intervenants, quel est le bénéfice pour vos élèves d’analyser ces données scientifiques après le départ des scientifiques ?
Lorsque les scientifiques quittent la classe ou le site, un moment essentiel commence : celui où les élèves deviennent acteurs de leurs connaissances. C’est précisément là que se joue la valeur éducative du dispositif AME. Les élèves deviennent des chercheurs en herbe. Ils analysent les données, ils les interprètent, les comparent, les classent, formulent des hypothèses et surtout essaient d’apporter des solutions aux problématiques rencontrées sur le terrain. Ils développent des compétences scientifiques authentiques en analysant des données, en réalisant des mesures sur le terrain, en effectuant des relevés de données, des suivis (comme le suivi des déchets, le Reef check, le profil de plage…), ce qui leur permet de travailler la rigueur, la logique, la démarche d’investigation, la capacité à justifier un résultat et l’esprit critique.
De plus, les élèves s’approprient les connaissances au lieu de les recevoir. Quand ils analysent eux-mêmes les données, ils comprennent mieux, ils retiennent davantage, ils donnent du sens à ce qu’ils ont observé et construisent leurs propres savoirs. C’est un apprentissage actif.
- En juin 2026, l’AME de Saint-Leu fêtera ses dix ans. Comment envisagez-vous l’organisation de cet anniversaire ? Quels acteurs souhaitez-vous mobiliser et quelles ambitions portez-vous pour cet événement ?
Les élèves réfléchissent encore à quelle organisation mettre en place, mais pour cet anniversaire des 10 ans de l’AME de Saint-Leu, l’idée serait d’avoir : des élèves acteurs, un territoire mobilisé, des savoirs partagés et un engagement citoyen.
Ce serait une journée où les élèves deviennent les guides, les médiateurs, les scientifiques et les ambassadeurs de la protection du littoral et les adultes viendraient pour apprendre, comprendre et s’engager. Ce ne serait pas une fête « pour » les élèves, mais une journée « portée par » les élèves.
L’anniversaire deviendrait l’occasion de réunir les élus de Saint-Leu, les scientifiques de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion, toutes les associations locales investies dans la protection de l’environnement (Kélonia, Vie Océane, Globice, la Seor, le Territoire de l’Ouest etc.), les écoles engagées dans les projets AME et ATE, les parents d’élèves et les usagers de la plage.
Peut-être que des stands thématiques seraient tenus par les élèves (sur la biodiversité marine, sur l’érosion, sur la pollution, plastique, sur les mégots, sur la végétation du littoral, sur les visages de la plage, etc.)
Ce serait peut-être également l’occasion d’effectuer des comparaisons de données entre zones géographiques en créant des débats entre élèves des différentes sites, parents et adultes présents.
- Depuis dix ans, l’AME de Saint-Leu a obtenu plusieurs prix et reconnaissances, lesquels ? Pourriez-vous évoquer ceux qui vous ont particulièrement marquée, et en quoi ces reconnaissances ont renforcé le projet ? Serait-il possible de partager avec nous les reconnaissances que vous avez obtenues, vous, en tant que responsable de l’AME, et de nous dire ce que cela signifie pour vous ?
– Année scolaire 2020-2021 : Premier prix départemental de l’éducation citoyenne, délivré par l’ordre national du mérite
– Année scolaire 2021-2022 : Premier prix départemental de l’éducation citoyenne délivré par l’ordre national du mérite
– Année scolaire 2023-2024 : Prix de l’action éco-déléguée
– Année scolaire 2023-2024 : Diplôme d’Ambassadeur de l’Océan avec le « prix coup de pouce » délivré par l’Institut Océanographique de Monaco
– Année scolaire 2024-2025 : Diplôme d’Ambassadeur de l’Océan avec le « prix de la maîtrise thématique » délivré par l’Institut Océanographique de Monaco.
– Année scolaire 2024-2025 : Prix de l’action éco-déléguée avec le prix « Spécial Océan » remis par l’UNOC.
Les distinctions obtenues par les élèves ne sont pas seulement des récompenses symboliques, mais elles incarnent la portée réelle de l’engagement des élèves, la solidité du dispositif qu’ils portent et l’impact éducatif construit année après année. Ces distinctions valident la qualité de la démarche éducative mise en place dans le projet d’Aire Marine Éducative, la rigueur scientifique des activités, la continuité du projet d’une année sur l’autre et la capacité des élèves à comprendre, analyser et agir.
Quand les élèves reçoivent un prix, cela signifie que leur engagement est authentique, leurs actions ont un impact réel, ils savaient expliquer, argumenter et transmettre leur projet et ils deviennent réellement des acteurs du territoire. Ces distinctions ne sont pas une fin en soi, mais elles sont un encouragement, une source de motivation, un levier pour mobiliser de nouveaux partenaires, un argument pour pérenniser le dispositif et une inspiration pour les générations suivantes.
- D’après votre expérience, quels seraient les points forts d’une AME ? Et quels pourraient en être les points faibles ou les défis à surmonter pour assurer sa réussite ?
– Les points forts :
L’AME repose sur l’apprentissage par l’action. Les élèves sortent de la classe, observent, mesurent, comparent et analysent. Ils apprennent en faisant, ce qui renforce la motivation, la compréhension, la mémorisation et l’autonomie. C’est une pédagogie vivante qui donne du sens au programme. De plus, les élèves utilisent de vrais protocole fournis par des scientifiques : ils collectent des données, les analysent, les interprètent, formulent des hypothèses, et proposent des actions pour préserver leur patrimoine. Les élèves d’une AME sont des gestionnaires d’un espace naturel réel. Ce qui développe le sens des responsabilités, l’engagement, la coopération, la prise de décision et la compréhension des enjeux environnementaux. Ils deviennent des acteurs du territoire.
– Les points faibles :
C’est un projet très chronophage pour les enseignants qui demande une préparation importante. C’est une charge de travail supplémentaire. Parfois, les sorties de terrain peuvent être perturbées par des conditions météorologiques et environnementales comme la houle, la pluie, les alertes météo, les épisodes de pollution ou les risques liés au littoral. Cela peut créer des ruptures dans la progression pédagogique.
- Madame Léandre, vu votre expérience en tant que responsable de l’AME de Saint-Leu, modèle de pérennité depuis 2016, et en tant que partenaire de cet échange d’expériences, que souhaiteriez-vous dire aux autres enseignants qui hésiteraient ou souhaiteraient se lancer dans ce type de projet de coopération régionale et d’éducation environnementale ?
D’abord commencer petit, mais commencer vraiment. Une AME n’a pas besoin d’être parfaite la première année, l’essentiel est de choisir avec les élèves un lieu et d’y aller avec eux. L’expérience se construit en marchant, en observant. C’est un projet d’élèves. Donc il faut vraiment changer sa posture d’enseignant, et accepter de laisser les élèves décider, proposer, débattre et expérimenter. L’enseignant devient un guide, un facilitateur.
Il faut également chercher des partenaires référents, s’appuyer sur les réseaux existants comme l’Office français de la biodiversité ou associations locales. Utiliser également les ressources déjà disponibles. Une AME, c’est du vivant. L’imprévu devient une ressource pédagogique, pas un obstacle.
Et bien sûr intégrer l’AME dans les apprentissages. Le projet nourrit naturellement les sciences, la géographie, le français, les mathématiques, l’art, l’EMC… Cela ne rajoute pas du travail, mais il donne du sens à ce qui est déjà au programme.
- Avez-vous des échos, des témoignages d’anciens élèves qui vous font part de ce qu’ils ont pu vivre dans votre classe avec le projet d’une AME et de ce que cette expérience pédagogique leur a apporté au final ? Quel choix pour la poursuite de leurs études ?
Grâce au projet, les élèves et les parents parlent du renforcement de la confiance en soi, lorsqu’ils ont pu prendre des responsabilités réelles : observer, décider, organiser et expliquer. Ils ont pu voir que leurs actions avaient un impact lors de la gestion de l’AME. Les réussites, les actions, même petites, nourrissent un sentiment de fierté en eux. Les élèves parlent également du développement de la prise de parole, notamment lors de leur intervention pour le conseil élargi de la mer des enfants, lors des différentes expositions ou encore lors de l’animation des ateliers.
D’autres élèves disent avoir appris à s’exprimer clairement pour leurs différentes prises de parole avec d’autres élèves, les élus… avec le projet, ils apprennent à écouter, reformuler, convaincre, etc. La prise de parole n’est plus un exercice mais ça devient nécessaire pour faire le projet. Donc les élèves gagnent en confiance pour parler devant un groupe des adultes.
De plus, ce projet a éveillé leur curiosité scientifique, et certains ont découvert des métiers qu’ils ne connaissaient pas. Ce qui a également déclenché des vocations de futurs scientifiques : biologistes marins, ichtyologues… Les élèves ont pris plaisir à être acteurs dans le projet.
- Et pour terminer, l’échange d’expérience a permis, selon vos mots, une « belle communion » entre les élèves de La Réunion et de Toliara, quel est le message ou l’espoir le plus fort et le plus positif que vous souhaiteriez transmettre, tiré de cette extraordinaire expérience humaine et scientifique ?
Ce que cette rencontre révèle, c’est que même séparés par l’océan, les enfants savent créer des ponts que les adultes oublient parfois. Il prouve que la curiosité, la bienveillance et l’envie de comprendre l’autre sont plus forts que les distances, les différences et les frontières. Quand des jeunes se parlent, se découvrent, et s’écoutent, ils montrent que le monde peut être plus solidaire, plus ouvert et plus respectueux du vivant. Leur regard neuf, leur sincérité et leur créativité sont capables d’inventer un avenir que nous n’avons pas encore imaginé. Cette rencontre a permis aux élèves de découvrir que d’autres enfants vivent, apprennent et rêvent comme eux. Qu’ils se sentent capable d’agir, même à leur échelle, et ils voient que la coopération est plus forte que l’indifférence. Ils réalisent que leurs voix comptent et qu’elles peuvent traverser les mers.

